Une sauvage si sauvage: une esquimaude qui n’en était pas une…

  • Giulia Bogliolo Bruna
Parole chiave: «Sauvagesse de Songy», Esquimaux, Perfectibilité, Prosélytisme, Jansénisme, Eschimesi, Perfettibilità, Proselitismo, Giansenismo

Abstract

Nimbée d’un halo de mystère, l’Histoire d’une jeune fille sauvage trouvée dans les bois à l’âge de dix ans... est une œuvre à succès rédigée, avec le concours de Charles-Marie de la Condamine, par Marie-Catherine Homassel Hecquet, dame de charité et fervente janséniste. À la manière d’un récit-enquête, elle relate l’extra-ordinaire cheminement en humanité d’une ‟Sauvageonne” venue d’Amérique et capturée, en l’an 1731, dans les forêts de Songy. Dans l’Europe des Lumières, reines, princes de sang et philosophes s’intéressent au cas singulier de cette ‟Sauvage si sauvage” (Racine). Suivant l’anamnèse d’une mémoire chancelante et ébranlée, l’Histoire relate la métamorphose de cette ‟étrange étrangère” qui, découverte dans un état de régression comportementale, s’est muée, grâce à une ‟domestication progressive”, en bonne chrétienne et, in fine, en une femme de lettres. Pourquoi Mme Hecquet, confortée par le Géographe, retient-elle l’ascendance esquimaude de celle qui fut baptisée sous le nom de Marie-Angélique Le Blanc? Par un télescopage des documents d’époque et une étude comparée des sources, nous déconstruisons cette ‟conjecture vraisemblable” qui, bien qu’erronée, fut fonctionnelle au projet prosélyte et réformateur des ‟appelants”. Dans la controverse entre jansénistes et ultramontains, quelle preuve plus éclatante aurait-on pu convoquer pour témoigner de l’universalité (conditionnelle) du Salut, que l’éligibilité au Don de Grâce des Esquimaux, les « Sauvages des Sauvages»?

 

Aureolata da un alone di mistero, l’Histoire d’une jeune fille sauvage trouvée dans les bois à l’âge de dix ans…., che conobbe un’apprezzabile fortuna editoriale, è opera della fervente giansenista Marie-Catherine Homassel Hecquet. Coadiuvata dall’illustre esploratore Charles-Marie de La Condamine, questa Dame de charité ripercorre, adottando i registri narrativi del racconto-inchiesta, l’eccezionale processo in umanizzazione di una ‟Selvaggia” originaria delle Americhe, catturata, nell’anno 1731, nelle foreste di Songy. All’età dei Lumi, regine, principi di sangue e filosofi s’interessano a questa ‟Selvaggia così selvaggia” (Racine). Seguendo l’anamnesi labirintica di una memoria esitante e confusa, che oscilla tra oblio e rimozione, l’Histoire narra la metamorfosi di questa ‟étrange étrangère” che, scoperta in uno stato di regressione comportamentale, era diventata, in seguito alla sua conversione-acculturazione, una fervente cristiana e, in fine, une femme qui tenait salon. Perché Mme Hecquet, confortata – se non addirittura influenzata – da La Condamine, avvalora l’ascendenza eschimide di colei che fu battezzata Marie-Angélique Le Blanc? Mediante lo studio comparato delle fonti e dei documenti d’epoca, procederemo a decostruire questa ‟congettura verosimile” che, pur rivelandosi erronea, risultò funzionale al disegno proselita e riformatore degli “appelants”. Nella controversia che contrapponeva giansenisti e ultramontani, quale prova più lampante si sarebbe potuta addurre per attestare l’universalità, seppur selettiva, della Salvezza che l’eleggibilità al dono della grazia degli Eschimesi, i ‟Selvaggi dei selvaggi”? 

Pubblicato
2021-08-31